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Denys Desjardins

et l'histoire insoupçonnée du cinéma québécois

par Fabrice Montal

Après avoir étudié, enseigné et pratiqué le cinéma,
après avoir participé à d’innombrables luttes collectives pour défendre les artisans du cinéma, j’en suis venu à la conclusion qu’une partie de mon rôle de cinéaste consistait à documenter la parole de nos artisans pour s’assurer de préserver leurs mémoires.


Denys Desjardins

cinéaste

Sur une période de cinq ans, le cinéaste Denys Desjardins a rencontré près d'une centaine d'artisans et pionniers du cinéma d'ici. Au cours de cette aventure (2005 à 2010), il a produit et réalisé plusieurs films et documents avec la complicité des artisans qui racontent leur participation à l'histoire du cinéma au Québec.  Cette collection est maintenant en ligne pour le bonheur des cinéphiles et amoureux de notre cinéma.

 

Nous vous invitons à vous immerger dans une histoire qui aurait pu être fortement aride et sans saveur, celle des avancées techniques, esthétiques, politiques et financières du cinéma québécois depuis soixante ans, d’un point de vue qui n’avait pas été abordé avant que Denys Desjardins ne s’y intéresse avec passion et rencontres hautes en couleur.

 

Il est sûr qu’une telle recherche témoigne non seulement de la proximité du réalisateur avec son milieu, mais aussi d’un refus d’ériger des barrières et d'une volonté de dépasser les préjugés sur ces tribus parfois antagonistes qui composent ce que l’on appelle si facilement le « milieu » du cinéma.

 

C’est une occasion d'entendre les artisans d’une industrie qui est toujours en gestation, qui ne cesse de naître et de s’affirmer, malgré des succès sans précédent. Nous comprendrons que les novateurs se retrouvent souvent dans les coins opposés du ring, tant, du côté des indépendants comme des commerciaux, la finalité semble la même; permettre au cinéma québécois d’obtenir le meilleur budget de production afin de produire dans les meilleures conditions possibles. Les moyens pour y parvenir cependant divergent.  

 

Avec cette série de films, Desjardins a brossé le portrait d’un essor.

 

Le film De l’Office au Box-Office, nous propose un regard historique sur le rôle et la mission publique de l’Office national du film du Canada. Avec Le Direct avant la lettre et La Vie privée d’Onyx Films, nous découvrons d’abord un groupe de cinéastes de l’ONF qui inventent des outils et une technique qui permettront au Québec et au Canada de prendre sa place dans le paysage cinématographique mondial;  puis certains cinéastes iront ensuite fonder la première compagnie privée de production de films, de publicités et de séries télévisées au Québec (Onyx Films) qui domina le marché canadien jusqu’en 1970 avant de connaître une fin remplie de rebondissements.

 

Puis, les deux parties du film La Vie privée du cinéma nous invitent à découvrir les dessous de l’industrialisation (1ère partie 1939 à 1979), dans un premier temps,  et de la privatisation des institutions gouvernementales (2e partie 1980 à 2010), dans un second temps. Une cinquantaine d’artisans, réalisateurs, acteurs, producteurs, administrateurs et politiciens témoignent et participent à cette enquête qui démontre les effets pervers d’un système de financement public axé sur le profit, la rentabilité et la capitalisation des entreprises privées.

 

 

Fabrice Montal

Programmateur-conservateur

Cinémathèque québécoise

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